En cette journée du Poisson d’Avril 2012, ma vie a changé du tout au tout. Vous vous demandez sans doute quelle farce on m’a fait; et bien… aucune! J’ai pris conscience que j’avais perdu la maîtrise de ma vie. Je me retrouvais sans emploi, sans logement, sans argent et surtout, sans âme qui vive à l’intérieur de moi. J’étais dérouté, je ne savais plus quoi faire pour m’en sortir parce que MA manière d’arrêter de consommer n’a jamais fonctionné.

Après deux semaines à pleurer, à rester couché, au bout de la dépression, j’ai jeté les armes, j’ai eu un regain d’énergie et j’ai composé le numéro d’une femme qui fait partie du mouvement des Alcooliques Anonymes. Sans le savoir, j’avais entrepris la 1ère Étape : je lui ai avoué que j’étais impuissant face à la consommation et que j’avais perdu la maîtrise de ma vie. Elle a pris le temps de m’écouter, de me rassurer et elle m’a donné les informations du centre de rétablissement Villa de la Paix.

À mon arrivée, j’avais un toit sur ma tête, 3 repas par jour, une ambiance familiale et une équipe clinique hors pair qui voulait tout simplement mon bien-être. Après quelques jours, je me retrouvais avec un cercle d’amis, des gens tels que moi qui avaient un unique but… s’en sortir. Je voyais enfin le bout du tunnel. Je me voyais renaître de mes cendres. Ils ont su me supporter dans mes démarches personnelles, dans mes plans d’actions et dans la découverte du vrai Etienne.

Par les actions que j’ai posées, j’ai su rebâtir mon estime et ma confiance. J’ai recrée des liens avec les membres de ma famille, j’ai réglé mes problèmes financiers et le plus important, je me suis retrouvé.

À la fin de ma thérapie, je me suis donné comme objectif d’être en rétablissement pour un an, et c’est ce que j’ai entrepris en devenant bénévole à mon tour et redonner à un autre toxicomane ce que j’avais reçu en date du 1er Avril 2012.

Je n’ai pas assez de mot pour vous exprimer toute ma gratitude, mais voici trois mots que vous avez ajouté à mon vocabulaire : Amour, Pardon et Compassion.

Merci mille fois.